Radio Manie-Vesle

Le récit qui suit est largement inspiré de l’historique réalisé par le site du journal " Le Chat Noir " consultable ici : http://journal-lechatnoir.site.voila.fr/page5.html 

C’est en 1977 que la majorité de l’équipe du journal de contre-info « Le Pavé dans la Marne » décide, après maintes réunions dînatoires dans un appartement rue de la Briqueterie à Reims, de créer une radio. Ce groupe entre en contact rapidement avec le groupe anarchiste de Reims, l’Egrégore (ce qui veut dire « en dehors du troupeau » en vieux français), membre le l’organisation communiste libertaire. 40 personnes motivées au départ, une dizaine lorsque les choses sérieuses commencent !


Il n’y a qu’une seule personne, qui d’ailleurs arrivera par la suite, qui n’est motivé que par le fait de faire de la radio (il deviendra un journaliste bien connu de la place de Reims – et pourquoi pas aussi du Doubs ? - travaillant notamment pour la radio locale de service publique), les autres le sont par le désire de mettre sur pied un outil de contre et libre information/expression.


Avant 1981, il existait 3 groupes de radios. Celles qui espéraient la libéralisation des ondes pour pouvoir faire de la radio commerciale (Génération 2000 à Paris), les radios des partis politiques (Radio Fil Bleu à Montpellier) et les radios libertaires, d’extrême gauche ou syndicalistes (Radio Lorraine Cœur d’Acier à Longwy). Radio Manie-Vesle bien sûr appartenait à cette dernière catégorie.


C’est donc à la fin de l’année 1978 que Radio Manie-Vesle émet pour la première fois sur 93 MHz.
Les émissions (de 15 minutes à une heure) étaient diffusées certains vendredis vers 19h30 de divers endroit de Reims et de la Montagne de Reims (depuis une camionnette).


Radio Manie-Vesle comptait 3 objecteurs de conscience et les émissions étaient principalement axées sur l’antimilitarisme, l’antinucléaire, les luttes sociales, le sort des travailleurs immigrés,…
Début 1979, une émission fut d’ailleurs consacrée à la lutte des résidants des foyers Sonacotra. Cette émission très bien reçue sur Reims permit l’interpellation d’un des résidents interviewés dont la voix fut reconnue par la police.


Après leur 15ème émission, ils se font saisir en décembre 1979 par le SRPJ. L’émetteur est alors situé sur le toit du CHU Robert Debré (l’antenne mesure 80 cm et l’émetteur tient dans un sac de voyage). Un homme et une jeune femme, membre et sympathisante de l’organisation communiste libertaire, sont interpellées en flagrant délit.


La semaine suivante, c’est sous le nom de Radio Nouvelle Manie que de nouveau RMV émet en relatant l’interpellation de la semaine précédente.
Suite à cette nouvelle infraction au monopole, 6 personnes sont interpellées, rue du Mont d’Arène à Reims, puis remises en liberté.


De fin 1978 à 1980, il y aura en tout une douzaine de personnes interpellées. Mais une cinquantaine d’autres demandent aussi à être inculpées pour émissions de radio illégales, ceci permettait d’ennuyer le juge d’instruction et d’engorger les services de police si le juge décidait de poursuivre.
C’était aussi une façon de revendiquer collectivement un acte illégal.

Commentaires (1)

1. villemain 24/08/2012

Que de souvenirs et pas des moindres , ceux de la jeunesse bien sûr , mais aussi les prises de conscience qui n'ont guère changé , en mémoire les petits carrés d'affiche sur les poteaux indiquant la prochaine émission et aussi lors de l'écoute "ben on est obligé de stopper , les flics arrivent , faut qu'on se barrent ...cette radio se vivait en osmose et cette appropriation de la liberté !, de l'authentique passé.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : 23/04/2012

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×